samedi 25 juillet 2009

Les charmes discrets de la consommation à la française

Faut consommer nous dit-on. Alors on le fait. Mais ce qu’on ne nous dit pas, c’est qu’il ne faut pas se tromper dans ses achats. Sinon on le paie très cher.

J’vous dis ça parce que voilà une bonne année maintenant que j’exerce ma profession dans le si joli quartier d’Haussmann où à première vue, il y a tout ce qu’il faut à portée de main. Y’a qu’à se baisser, comme on dit, pour sortir son portefeuille du sac à main.

Ne croyez pas qu’en critiquant la société de consommation, je m’en exclus. Je suis consommatrice plus souvent qu’à mon tour… J’en viens même à me confondre avec le paysage des Galeries et à faire corps avec les mantras des vitrines qui prétendent nous permettre de paraître sans renoncer à être. J’adhèrais donc et trouvais ainsi mon nouveau mantra.

Constatez donc comme j’ai donc débarqué boulevard Haussmann l’esprit (et le portefeuille) ouvert et les yeux pleins d’étoiles qui correspondaient à autant de possibilités commerciales que le quartier comptait de magasins. Et j’achetais.

Tout s’est bien passé pendant un temps et je croyais avoir été acceptée par la communauté dépensière du coin malgré mes spécifiés de banlieusarde. J’avais même finis par m’y plaire. J’ai baissé ma garde tout simplement … et c’est à cet instant que j’ai fait ma première erreur : acquérir un vêtement (très joli au demeurant) chez un faiseur de vêtements espagnols tendance mais abordable.

Avec le recul je me dis que je n’aurais peut être pas dû me croire autoriser à fouler le sol d’un tel lieu. Après tout, c’est vrai que mon créneau habituel serait plus du genre mode à petits prix, alors il m’a parue presque normal que le staff de ce lieu me regarde de haut pendant que je pêchais par orgueil en déboursant le modique somme de 49,90 € pour une blouse.

Dommage, cependant, que le prix ne contienne pas suffisamment de fils pour que les coutures du vêtement tiennent plus de deux fois.

Allez ce n’est pas grave, que je me dis, je vais aller me faire rembourser !

Sauf que ça m'a pris alors que je n'avais pas pris soin de vérifier la date alors que très clairement j'aurais dû me méfier lorsque sortant du RER, j'ai constaté que le magasin était déjà ouvert. C’était les soldes ! Nous étions le premier jour des soldes ! Et à 8h30, alors que le magasin était ouvert depuis une petite demi-heure, il y avait déjà la queue aux caisses. Toutefois, leur longueur était suffisamment acceptable pour que je décide de me lancer. Surtout que j'étais en vacances le soir même et qu'à mon retour, le mois de délai pour le remboursement du vêtement serait dépassé. Je pris donc mon mal en patience et m'insérais l'air serein et déjà humide - pour ne rien vous cacher, il s'agissait des soldes d'été - dans une des 4 files qui s'étaient formées.

J'ai patienté un quart d'heure avant de pouvoir parler avec la caissière. Une fois mon explication donnée, elle m'a gentiment affirmée que malheureusement les caisses, durant les premiers jours des soldes, ne permettant aux clients que de payer. Aucun remboursement envisageable avant deux semaines.

J'avoue qu'à cet instant la chaleur est montée d'un cran : elle se fout de ma gueule ou quoi ?

Je lui réexplique donc : chemise mal manufacturée, moi vouloir être remboursée, mais délai bientôt dépassé et moi vacances, donc tout de suite ou rien alors kékonfé pasque rien n’est pas envisageable !?

Ah bah chaipa, j'vais appeler ma responsable et vous verrez avec elle... Voilà fait don' ça mais dépêche toi, faut que j’aille bosser.

C’était sans compter sur la responsable. Ma petite caissière l’a appelée, pendant la demi-heure suivante, une bonne demi-douzaine de fois mais celle-ci se la jouait j'suis débordée. Sauf qu'elle jouait à deux pas de moi à discuter avec une amie et que franchement ça a fini de m'échauffer.

Alors j'aurais pu aller la chercher, piquer une crise ou le ton hausser... Mais je n'ai rien fait que bouillir dans mon coin. J'étais fatiguée à cette époque et je n'ai pas voulu laisser aller ma colère de peur que ça ne gicle dans tous les coins : et une caissière par-ci et une responsable par là…

Elle a cependant fini par daigner se déplacer jusqu'à moi. Il s'agissait d'une petite demoiselle de 5 ans ma cadette au bas mot, blonde à souhait, fière de son aspect chétif et décharné, l'œil arrogant et condescendant. Et à moi elle s'est alors adressée.

J'ai donc repris ma petite histoire du début : chemise mal manufacturée, moi vouloir être remboursée, mais délai bientôt dépassé et moi vacances, donc tout de suite ou rien alors kékonfé pasque rien n’est pas envisageable !?

Et elle de me reprendre l'histoire de la caisse formatée pour encaisser et non de décaisser (comme sa tronche si elle continue sur ce ton...). Elle m'a aussi proposée, un sourire en coin, de faire reprendre la chemise par une couturière... à mes frais. C'est officiel, elle se fout de ma gueule.

J'ai alors souri et me suis contentée de reprendre ma petite histoire du début sur un ton bas, froid et neutre : chemise de merde mal manufacturée, moi vouloir être grave remboursée, mais délai bientôt largement dépassé et moi vacances pasque fatiguée de me colleter à longueur d'année avec tous ces cons, donc tout de suite alors PUTAIN KEKONFE ?

Je pense que mon œil brillant et mon air mauvais, malgré le sourire, a dû finir de la décider à faire quelque chose pour moi.

En 1h15 j’ai donc réussi à obtenir une prolongation D’UNE JOURNEE du délai maximum de remboursement, me donnant ainsi l’occasion de devoir venir me faire rembourser le jour de mon retour de congé.

Ça doit être ça que l’on appelle un geste commercial, non ?

vendredi 3 juillet 2009

Le bon côté des choses

Ou comment survivre à une semaine de chaleur intense quand on vit en banlieue et travaille à Paris, en extrayant de tout ce jus le bon côté des choses.
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- Mon boss est encore plus désagréable que d'habitude mais il ne s'en prend pas à moi.
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- L'immeuble où je bosse n'a pas la clim : qu'importe, c'est plaisir : mon bras glisse tout seul sur le bureau quand je déplace la souris.


- Mais j'ai un ventilo : comme ça, je fais du sport en ramassant mes feuilles sans arrêt.

- Me faire aggresser dans le train parce que mes congénères ne supportent pas la chaleur, c'est ma passion. Et puis, moi, la chaleur ça ne me fait rien...
Quoi, mon pied dépasse de 3 millimètres de votre côté ? Et si je te le fous dans le nez, il te gènera moins tu crois ?

- Je ne suis pas craquante avec mon chignon fait à la va-vite avec un crayon, mes petits cheveux collés au front et la source vive de sueur qui me dégouline sur la figure ?

- Et si je rajoute une oeillade sensuelle et charbonnée aux cernes à rallonge tellement je dors mal la nuit ? Non, toujours pas ?

- Je kiffe les auréoles : sous les bras, derrière les genoux, dans le haut du dos, dans le bas du dos, à l'entrejambe, sous la poitrine, dans le cou (mon méga chignon a perdu son crayon)...

- Je me coucherai moins bête ce soir (mais dormirais-je ?) : je ne savais pas qu'on pouvait transpirer de derrière les oreilles.

- Je ne risque pas de me faire abordée et draguée. Non, mais c'est tant mieux, je n'aime pas ça...

- Séance de sauna gratuite offerte par la SNCF tous les soirs de la semaine ! Ca a tellement de succès qu'ils en ont profité pour passer aux horaires d'été... Moins de train, certes, mais quel succès !

- Huuuummmmm... le contact des sièges en skaï surchauffé du RER. C'est bon...

- Et n'oubliez pas les soldes ! Le RER A déborde ainsi de gens avec des sacs à la place des mains. Du coup, ça rentre moins bien mais quoi de mieux que le contact humain ?

- Mon éventuelle odeur nauséabonde est masquée par les multiples fragrances corporelles des millions d'usagers qui m'entourent.


- On déplore la mort d'une paire de chaussures : il a fallu la cisailler pour désincarcérer des pieds qui décemment ne peuvent pas être à moi... Mais du coup, j'ai pu faire les soldes pour m'acheter des chaussures pour les grands ! Taille 56 au lieu de 41...

- J'apprends à conduire ma voiture, restée sur le parking en plein soleil toute la journée, sans toucher le volant. Après je pourrais enfin travailler dans un cirque, mon rêve.

- Ca m'occupe les idées : après le droit au logement, je pourrais militer pour l'inscription dans la Constitution du droit à l'espace vital. Un carré d'un kilomètre de côté et moi au milieu.
J'irais loin dans la vie, tu crois ? Non, mais le contact humain, j'aime... quand il est choisi.

- Ma voiture met moins de temps à se rafraichir qu'il n'en faut pour la dégivrer l'hiver.

Des vacances ? Pour quoi faire ?